Interview Joachim Garraud


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Joachim Garraud nous a fait l’honneur de répondre à nos questions durant l’Inox Park 2014 à Chatou. Dans cette interview, Joachim aborde différents sujets comme son label Space Invader Music, ses plus belles rencontres, son fameux logo et bien sûr le festival Inox Park.

Interview Joachim Garraud

Salut Joachim. Après avoir commencé à toucher aux platines dans les années 90 tu t’es vite imposé comme un des pionniers de la musique électronique en France. Peux-tu nous dire quels ont été pour toi les 3 moments les plus importants de ta carrière ?

C’est toujours très difficile de choisir uniquement 3 moments dans une carrière aussi riche et aussi variée. Il y a eu beaucoup de rencontres, donc peut être la production « Juste A Little More Love » avec David Guetta, qui a un petit peu ouvert la voie à un nouveau style de musique électronique. C’était en 2000/2001, après ça on a fait beaucoup de musiques ensemble, dont 3 albums ! Mais ce « Just A Lttile More Love » marque pour moi un tournant dans l’organigramme de la musique électronique et j’en suis très fier. Deuxième moment, je vais parler d’une autre rencontre qui a eu lieu en 1998 avec Jean Michel Jarre, avec qui j’ai coproduit l’album Métamorphose et le spectacle d’Égypte. Ça a été pour moi une révélation dans l’apprentissage de la mise en scène et de la production d’un spectacle. Et aujourd’hui, quand je produis le festival Inox Park ou mes propres spectacles (Invasion ou Invasion 3D), je pense que j’utilise beaucoup de choses que j’ai apprises à ses côtés. Puis après un 3e événement, je vais dire en 2010 la première édition de l’Inox Park que je suis très fier de produire avec les équipes d’Inox Toulouse tous les ans. La première édition était une date importante, car j’ai lancé toute mon énergie et toute mon expérience de DJ/producteur pour faire un festival un peu à part. Cette 5e édition s’est plutôt très bien passée et ça donne envie de recommencer l’année prochaine !

Pour cette édition 2014 de l’Inox Park tu as eu l’occasion de mettre en avant des artistes que tu soutiens sur la scène Invader. Est-ce que tu peux nous présenter certains de tes poulains qui vont avoir l’occasion de montrer leur talent en live ?

Eh bien, il y a des gens qui sont connus comme Datamotion, après des gens comme Mehdi Dressy qui sont un peu moins connus. Ce sont des gens qui sont tous sur le label Space Invader Music, et qui m’ont envoyé un titre que j’ai aimé, signé sur mon label et que j’ai fait jouer sur cette scène. Donc je ne veux pas citer un nom sans citer les autres, mais voilà chacun à sa chance de mixer en live.

Tu es donc propriétaire de ton propre label Space Invader Music avec lequel tu produis notamment tes derniers titres, mais également des titres de nouveaux talents. Quels sont tes souhaits par rapport à ce projet ?

Mon souhait, c’est que vous me surpreniez ! Envoyez-moi de la musique qui m’excite, des choses nouvelles, pas de la copie de ce qu’il y a déjà. Ça sera avec plaisir que par la suite je sortirai ça sur Space Invader Music !

Malgré des fans de plus en plus nombreux chaque jour et un planning de ministre, tu es l’un des artistes français le plus à l’écoute de son public. Quel est ton secret ?

Je n’ai pas de secret, je fais ça parce que j’aime ça ! Le jour où tu me verras fatigué d’aller faire un autographe ou d’aller prendre une photo, c’est qu’il est temps d’arrêter. J’ai la passion de faire ça depuis que je suis tout jeune, je n’ai jamais fait ça pour l’argent, je n’ai jamais fait ça pour le succès. Quand j’ai commencé, personne ne voulait être DJ ! J’étais dans la cave il y a 25 ans et tout le monde voulait être barman ou portier parce qu’on gagnait beaucoup plus d’argent. Moi je voulais être DJ et je veux toujours être DJ donc c’est la passion avant tout.

On ne peut pas te rencontrer et omettre de parler de ton concept sous lequel tu rassembles tous tes fans, les Space Invaders. Pour faire un peu d’histoire, peux-tu nous expliquer d’où vient le choix de cette petite tête de bonhomme pixélisé devenu ta marque de fabrique ?

Quand j’ai repris le DJing en 2000, après 4 années de pause consacrée à la production, je ne voulais pas forcément réutiliser mon nom ou mes anciennes photos. Donc j’ai cherché un logo qui puisse représenter le type de musique que j’aimais produire et jouer sur scène. On est parti d’une icône d’un jeu vidéo qui s’appelle Space Invader et qu’on a un peu modifié pour le rendre un peu plus souriant. Quand on est arrivé à cette icône-là, c’était quelque chose que j’aimai à 100 %, qui était monochrome, assez radical dans le graphisme, simple et carré. J’ai utilisé ce logo, car c’était un logo qui n’avait pas de sexe, de religion, de couleur de peau, de nationalité. C’était universel, et il y a quelque chose qui est très important de souligner, c’est qu’il y avait un côté humoristique et second degré, un peu invasion, extraterrestre et alien. Et enfin, le fait de se dire qu’on fait un métier sympa et de ne pas se prendre au sérieux. J’ai regroupé tout ça au sein d’une iconographie assez simple, je n’aurais jamais imaginé que ça puisse durer aussi longtemps !

En avril dernier tu as fait une énorme surprise à tes fans et proposé certains de tes titres et remix en téléchargement gratuit comme des remix de « Love Me Again », « Pompeii » ou encore un original « Music Maestro Please ». Tu produis actuellement ton nouvel album et tu réserves même une énorme surprise pour tes fans. Peux-tu nous en dire plus ?

Alors je ne peux pas te parler de la surprise qu’on prépare parce que c’est vraiment un truc top secret. On vous prépare un truc et je pense que personne n’a jamais fait ça et vous allez vous dire « Oh la vache ». J’ai hâte de voir votre réaction quand on va faire l’annonce officielle de ce que l’on est en train de préparer. C’est un gros travail, ça fait 8 mois qu’on travaille dessus et on n’a pas fini parce qu’on veut faire un truc vraiment différent. Un truc nouveau, un truc qui va vous surprendre !

Pour finir, tu as mixé deux fois en juillet dernier au plus gros festival européen Tomorrowland, aux États-Unis, à Ibiza et à travers le monde entier, pour ta tournée d’été qui fut très intense. Il y a également le classement DJmag qui approche à grands pas ! Qu’est-ce que nous pouvons te souhaiter pour cette fin d’année 2014 ?

Je suis tellement heureux de faire ce métier qui est pour moi parti d’une passion. Il y a aujourd’hui un rapport important à l’argent, car tout le métier s’est professionnalisé et puis surtout ça me permet de faire vivre ma famille, mes enfants, ma femme et de continuer de vivre de ma passion de la musique, ce qui est incroyable en 2014 ! Je suis très heureux et je considère que j’ai beaucoup de chance d’avoir fait cette tournée d’été. Je suis flatté d’être passé dans les plus gros festivals européens et puis d’avoir fait des festivals américains très importants comme à Chicago devant 75 000 personnes où c’était vraiment incroyable. Pour ce genre de show par exemple c’est des fois deux mois de productions pour une heure de spectacle et les gens ne savent pas forcément ça. Et puis qu’est-ce que vous pouvez me souhaiter, et bien me souhaiter une fin d’année 2014 avec pas mal de productions en studio notamment sur mon nouvel album et avoir un peu plus de temps pour le finaliser ! Puis voilà de toujours avoir le sourire et la santé pour continuer à faire ce métier avec autant d’amour.

Merci d’avoir répondu à nos questions Joachim et à bientôt.

Merci beaucoup, au revoir.